Ce que le corps essaie de faire quand on sur-contrôle
Ce que le corps essaie de faire quand on “sur-contrôle” On confond souvent l’hyper-contrôle (ou le fameux « control freak ») avec un trait de personnalité : rigidité, perfectionnisme, sens de l’organisation… Le problème avec cette lecture, c’est qu’elle ne dit rien de l’essentiel c’est-à-dire pourquoi ce besoin de contrôler est là. Une cliente me disait récemment : “Je deviens dure avec mes enfants. Je me crispe sur des détails. Je n’arrive pas à lâcher.” Qu’est-ce qui a besoin d’être protégé ? Son corps portait les signes de cette tension : mâchoire serrée, poings tendus, hypersensibilité au bruit… Et elle se jugeait énormément et s’en voulait de ne pas être une « bonne mère ». Derrière la rigidité, il y avait une anxiété ancienne. Et derrière l’anxiété, une colère — et un chagrin, la mort de sa mère, survenue à un moment charnière : la naissance d’un enfant. Il y avait de la joie… et un deuil. Un nouveau départ… et une perte. Trop. Trop vite. En même temps. Il n’y avait pas le temps de digérer tout ça. Et surtout, il n’y avait aucune prise. Quelque chose s’est figé à cet endroit-là. Un mécanisme courant Cette histoire est une histoire particulière mais le mécanisme, lui, est courant : le sur-contrôle apparaît souvent après un ‘trop’. Ce n’est pas toujours un grand traumatisme identifiable. Parfois, c’est une période longue où il fallait gérer, encaisser, ne pas flancher — sans avoir vraiment le choix. Le corps conserve la mémoire de ces périodes où il y a eu trop, trop vite, ou trop longtemps sans possibilité de choix… et cherche ensuite à prévenir de telles menaces. C’est un peu comme s’il disait : “Je contrôle parce que ne pas contrôler m’a déjà fait trop mal.” Alors il s’organise. Il anticipe. Il verrouille. Les horaires, les routines, les repas, la maison, le moindre détail : pas pour “être parfaite”… mais pour se sentir un peu moins vulnérable. Organisation ou rigidité ? La nuance est fine entre être organisée et être rigide. L’organisation est structurante. La rigidité apparaît quand le système ne tolère plus l’imprévu : un changement de plan, une contrariété, un grain de sable. Parce que pour lui, ce n’est pas un grain de sable : c’est un risque. Et c’est là que la crispation apparaît. Pourquoi “arrêter de contrôler” ne marche pas Décider de « lâcher-prise » ne marche pas parce que ce n’est pas une question de volonté. Le sur-contrôle est une stratégie de protection. Et si on la retire brutalement, le système panique. Peut-être qu’il ne s’agit pas d’“arrêter de contrôler” mais d’observer ce qui se passe quand on relâche… 2%. Sur un détail sans enjeu vital. Laver les cheveux de son enfant une fois au lieu de deux par semaine. Reporter l’aspirateur au lendemain. Accepter qu’un repas ne soit pas aussi sain que prévu. Et remarquer ce qui se passe dans le corps quand on fait ces petits changements : est-ce qu’il y une sensation d’agacement, de crispation, de panique ? Est-ce que ça s’apaise après coup ? C’est de cette manière que que l’on peut faire comprendre doucement au système nerveux que tout va bien même si tout n’est pas “comme il faut”.
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