mai 2026

Femme observant par la fenêtre et souriant, évoquant un glisser

Glimmers : ces moments qui aident à renouer avec la sécurité

Glimmers : ces petits moments qui aident votre système nerveux à retrouver de la sécurité Se sentir émerveillé·e quelques secondes devant un coucher de soleil ; ressentir du réconfort en tenant une tasse chaude entre ses mains ; être touchée par l’odeur d’une fleur… Ces moments peuvent sembler anodins et pourtant ils comptent. Dans l’approche somatique, on les appelle des glimmers : des expériences au cours desquelles notre système nerveux perçoit spontanément un peu de sécurité, d’apaisement ou de connexion. Qu’est-ce qu’un glimmer ? Le terme glimmer a été introduit par la thérapeute Deb Dana dans son travail autour de la théorie polyvagale et du système nerveux autonome. Un glimmer est un micro-moment qui envoie à notre système nerveux un signal de sécurité. Ce n’est pas nécessairement un moment spectaculaire (comme une grande joie) ou un état permanent (de bien-être continu par exemple). C’est davantage un moment simple : remarquer la lumière d’un coucher de soleil ; sentir le parfum d’une fleur pendant une marche ; entendre le rire d’un enfant ; tenir une tasse chaude entre ses mains ; savourer un repas préparé avec attention ; ressentir la chaleur d’un feu ; partager un moment de connexion avec un proche ; avoir cette pensée fugace : « Oh… là, je me sens bien. » Et justement, ces instants sont faciles à manquer parce qu’ils sont petits. De ce fait, on ne les remarque parfois même pas. Glimmers et triggers : deux directions différentes pour le système nerveux Souvent, nous connaissons mieux les triggers : ces situations qui activent notre stress, notre peur ou notre sentiment de menace : un message qui nous inquiète, une remarque qui nous blesse, une situation qui rappelle une expérience difficile. À l’inverse, les glimmers fonctionnent dans la direction opposée en signalant au corps : « Ici, maintenant, il y a peut-être quelque chose de sûr / d’agréable / de plaisant / de confortable.» De plus, ils ont cette qualité d’être spontanés. En effet, ils ne sont pas forcés car ce n’est pas de la pensée positive. Il ne s’agit pas non plus de  se convaincre que tout va bien alors que ce n’est pas le cas. C’est simplement remarquer une expérience réelle de sécurité lorsqu’elle se présente.   Pourquoi les glimmers peuvent-ils aider à apaiser le système nerveux ? Notre système nerveux est conçu pour repérer ce qui pourrait représenter un danger. C’est une fonction de protection essentielle. Ainsi, lorsque nous avons vécu beaucoup de stress, d’incertitude ou de débordement, cette capacité peut devenir particulièrement développée. Le corps devient très efficace pour détecter : ce qui pourrait mal tourner ; ce qui demande une vigilance ; ce qui n’est pas encore réglé. Sans même nous en rendre compte, nous pouvons alors rester davantage tournés vers la menace en anticipant, ruminant, en cherchant les problèmes à résoudre et en nous préparant au prochain imprévu. Dans ce contexte, les glimmers viennent donc doucement interrompre cette boucle. Ils ne demandent pas au corps de se détendre par la force. Ils lui offrent simplement une nouvelle information : « Il existe aussi des moments où je peux relâcher. » Remarquer un glimmer, c’est déjà une pratique de régulation Un point important : le glimmer ne réside pas seulement dans l’événement lui-même. Il tient également dans le fait de le remarquer. Deux personnes peuvent voir le même coucher de soleil. L’une continue son chemin sans y prêter attention alors que l’autre s’arrête quelques secondes, respire, ressent la beauté du moment. Le corps n’intègre pas seulement ce qui nous arrive. Il intègre aussi ce à quoi nous portons notre attention. Par conséquent, chaque fois que nous remarquons un moment de sécurité, nous permettons au système nerveux d’enregistrer cette expérience. Petit à petit, ces expériences s’additionnent et nous soutenons ainsi la régulation du système nerveux. Comment intégrer les glimmers dans votre quotidien ? Une manière simple de renforcer le sentiment de sécurité (et donc d’apaiser l’anxiété) est de prendre quelques minutes, par exemple le soir, pour se demander quels ont été mes glimmers aujourd’hui. Il n’y a pas besoin de chercher quelque chose d’extraordinaire. Cela peut être un rayon de soleil sur votre visage ; une conversation agréable ; le plaisir d’un repas ; un moment de calme ; une sensation corporelle agréable. Puis d’observer ce qui change dans son corps lorsque je repense à ce moment. Ma respiration évolue-t-elle ? Mes épaules se relâchent-elles un peu ? Est-ce qu’une sensation agréable apparaît, même légère ? ll ne s’agit pas d’analyser. Vous n’avez pas non plus à chercher à provoquer une émotion particulière. L’idée est simplement de laisser cette expérience exister un peu plus longtemps. La sécurité se reconstruit à travers de petites expériences répétées Lorsque le système nerveux a longtemps été habitué à chercher le danger, retrouver de la sécurité demande souvent du temps. Ce n’est pas une question de volonté, ni une question de « penser autrement ». C’est surtout une expérience. Les glimmers nous rappellent que la régulation ne consiste pas à rester calme en permanence. Elle consiste à développer davantage de flexibilité : pouvoir traverser l’activation, puis retrouver progressivement des espaces de sécurité. Ces moments sont souvent discrets. Faciles à oublier. Mais c’est justement ainsi que le corps apprend. Dans la régularité et par petits « montants », à travers l’expérience vécue.  

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Femme avec main placée sur la poitrine évoquant l'auto-contact comme ressource dans la surcharge émotionnelle

Surcharge émotionnelle : quand le corps a trop longtemps contenu

Surcharge émotionnelle : quand le corps a trop longtemps contenu Avez-vous avez parfois l’impression d’être surchargée émotionnellement ? Comme si un événement de plus, une demande de plus ou une contrariété supplémentaire risquait de faire déborder quelque chose ? Ou peut-être vivez-vous quelque chose de plus déroutant : vous tenez très bien sur le moment face à un stress ou une contrariété… puis, quelques heures plus tard, vous vous effondrez en larmes sans vraiment comprendre pourquoi. On associe souvent surcharge émotionnelle à des réactions visibles : une crise, une explosion, un effondrement. Pourtant, elle peut se manifester de manière beaucoup plus discrète. Elle n’est pas le signe que vous êtes « trop sensible » ou incapable de gérer vos émotions. Elle peut simplement indiquer que votre corps a porté, contenu et maintenu beaucoup de choses… pendant longtemps. Qu’est-ce que la surcharge émotionnelle ? La surcharge émotionnelle apparaît lorsque les ressources dont nous disposons pour faire face aux événements sont dépassées par ce que nous avons eu à traverser. Cela ne signifie pas forcément qu’il s’est passé quelque chose d’extraordinaire ou de spectaculaire. Parfois, c’est l’accumulation : les responsabilités quotidiennes, les inquiétudes répétées, les émotions mises de côté parce qu’il fallait continuer à avancer , des situations dans lesquelles il n’y avait pas vraiment d’espace pour ressentir ce qui se passait… Alors, on tient, on avance, on  s’adapte. Jusqu’au moment où le corps indique qu’il n’a plus autant de capacité disponible. La surcharge émotionnelle ne ressemble pas toujours à un débordement Nous imaginons souvent qu’être en surcharge émotionnelle signifie perdre le contrôle (pleurer beaucoup, ne plus réussir à fonctionner,…) mais souvent, c’est plus subtil. Certaines personnes continuent à gérer leur quotidien, à travailler, à prendre soin des autres… tout en portant une tension intérieure importante. La surcharge peut alors se manifester par des réactions qui semblent incohérentes : se sentir incapable d’avancer sur quelque chose qui est pourtant bon pour soi ; ressentir un blocage sans comprendre d’où il vient ; tenir pendant une période difficile, puis s’effondrer une fois que tout est terminé ; ressentir un immense soulagement lorsqu’une décision est enfin prise, même si cette décision était douloureuse.   Quand les émotions ressortent après coup Une expérience fréquente de la surcharge émotionnelle est ce décalage entre le moment où quelque chose se passe… et le moment où l’émotion apparaît. Sur le coup, on fonctionne, on fait ce qu’il faut, on reste efficace. Puis, plus tard, parfois dans un moment où tout semble enfin calme, les émotions arrivent. Des larmes.  Une grande fatigue. Une sensation d’être dépassée. Cela peut sembler étrange, et on peut se demander : Pourquoi est-ce que je craque maintenant alors que le plus difficile est passé ? En réalité, le corps attend souvent un moment où il se sent suffisamment en sécurité pour laisser émerger ce qui a été reteu. La surcharge émotionnelle se vit aussi dans le corps La surcharge émotionnelle n’est pas uniquement une expérience mentale. Elle se manifeste aussi physiquement : fatigue persistante ; tension diffuse ou localisée dans le corps ; difficulté à vraiment se poser ; sensation d’être constamment sollicitée ; irritabilité ; difficultés à se relâcher ou à se concentrer… Lorsque les émotions n’ont pas eu suffisamment d’espace pour être ressenties, accueillies et traversées, le corps peut continuer à les porter. Ce n’est pas qu’il « stocke » littéralement les émotions.Mais il conserve des traces de mobilisation : des tensions, des habitudes de protection, et des états d’alerte associés à une exposition prolongée au stress chronique. Pourquoi le corps continue-t-il à contenir ? Lorsque nous traversons des périodes difficiles, nous faisons souvent ce qui est nécessaire pour continuer. Parfois, nous mettons certaines émotions de côté. Nous repoussons nos besoins. Nous nous adaptons. Et parfois, c’est exactement ce qui nous permet d’avancer. Le problème n’est pas d’avoir contenu. Le problème apparaît lorsqu’il n’y a jamais de fenêtre d’expression de décharge, ou que ce mode de fonctionnement devient permanent, alors que la situation qui nécessitait cette adaptation est terminée. La surcharge émotionnelle n’est pas un manque de maturité Si vous vous reconnaissez dans cette expérience, cela ne signifie pas que vous gérez mal vos émotions, que vous êtes faible, trop sensible ou incapable de faire face. Très souvent, la surcharge émotionnelle raconte plutôt l’inverse : elle raconte une capacité à tenir, à s’adapter, à continuer malgré ce qui était difficile. La question n’est donc peut-être pas : « Pourquoi est-ce que je n’arrive plus à gérer ? », mais plutôt « Qu’est-ce qui, en moi, a eu besoin d’être retenu pendant si longtemps ? » Comment retrouver un espace pour ressentir ses émotions ? En effet, la régulation émotionnelle ne consiste pas à apprendre à ne plus ressentir. Elle ne consiste pas non plus à rester calme en permanence. Il s’agit plutôt de retrouver la capacité d’être en lien avec ce qui se passe en soi, avec davantage de sécurité et de choix. Ce mouvement s’inscrit dans un apprentissage plus large de la régulation du système nerveux.      

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