avril 2026

Femme pensive évoquant les questionnements qui peuvent devenir obsédants dans le cadre d'une infertilité inexpliquée

Infertilité inexpliquée : quand chercher le “pourquoi” fait souffrir

Infertilité : quand chercher le “pourquoi” devient une source de souffrance « Si seulement je savais pourquoi… ». Cette pensée, beaucoup de femmes en parcours de fertilité inexpliquée la connaissent. Si seulement je savais ce qui bloque.Si seulement je comprenais ce qui se passe dans mon corps.Si seulement je trouvais enfin l’explication qui permettrait d’agir. Face à l’infertilité, chercher des réponses est une réaction profondément humaine. Lorsque quelque chose d’aussi important que le désir d’enfant semble nous échapper, notre esprit cherche naturellement à comprendre, à trouver une logique, une cause, un point d’appui. Le « pourquoi » peut devenir une obsession Cette recherche peut être utile et nécessaire. Les examens médicaux, les explorations, les questions posées aux professionnels de santé font partie du parcours. Mais lorsque les examens ne permettent pas d’identifier une cause claire — comme dans les situations d’infertilité inexpliquée — cette quête du « pourquoi » peut prendre une autre dimension. Elle peut une pensée qui revient sans cesse, une tentative permanente de trouver ce qui nous échappe. Et peu à peu, elle épuise. Infertilité inexpliquée : quand il n’y a pas de réponse claire Dans certaines situations d’infertilité, aucune cause précise n’est identifiée malgré les examens réalisés. Cette absence d’explication peut être particulièrement difficile à vivre. Car lorsqu’une cause existe, même si elle est douloureuse, elle donne parfois l’impression d’avoir une prise : un élément sur lequel agir, une direction à suivre. À l’inverse, l’absence de réponse laisse face à une grande question : Comment avancer quand je ne comprends pas ce qui m’arrive ? Alors naturellement, le cerveau cherche. On analyse, revient sur son histoire, cherche ce qui aurait pu être différent. Quand chercher la cause de l’infertilité devient une recherche de contrôle Le questionnement commence alors à changer doucement de nature. Il ne s’agit plus seulement de comprendre. Il s’agit de trouver une ancre, un élément auquel se raccrocher dans une situation profondément incertaine. Et cela se fait souvent à nos dépends :  Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Est-ce que j’ai trop attendu ? Est-ce que mon stress a provoqué ça ? Est-ce que mon corps essaie de me dire quelque chose ? À la douleur de l’absence d’enfant peut alors s’ajouter une autre souffrance : celle de se sentir responsable, coupable voire de se dénigrer en rejetant la responsabilité sur un défaut de son corps par exemple. Pourquoi l’incertitude est-elle si difficile à vivre Mais pourquoi se retourne-t-on contre soi ? Le système nerveux cherche naturellement la sécurité. Pour cela, il aime pouvoir anticiper, comprendre, prévoir. Mais l’infertilité confronte à quelque chose de particulièrement difficile pour notre système : l’incertitude. Dans ce contexte, chercher le « pourquoi » – même si la réponse est douloureuse – peut devenir une tentative de retrouver un peu de maîtrise et de sécurité. Ce n’est pas être control-freak ou ne pas savoir lâcher-prise. C’est une tentative du système de se protéger  face à quelque chose qui nous semble – et est- imprévisible. Pourquoi le lâcher-prise ne suffit pas face à l’infertilité inexpliquée En parcours de fertilité, on entend beaucoup cette phrase  (qui peut parfois nous donner envie de hurler !)  : « Il faut lâcher prise. » Comme si le lâcher-prise était une décision que l’on pouvait prendre. Comme s’il suffisait de se dire : j’arrête d’y penser. Mais lorsque le corps perçoit une situation comme menaçante ou profondément incertaine, il ne suffit pas de décider rationnellement de lâcher-prise. La partie de nous qui s’accroche essaie souvent de nous aider, en trouvant une solution, en ayant un sentiment d’agentivité. Une question que l’on pourrait se poser alors à la place de « Comment faire pour arrêter de chercher le pourquoi ? », serait « Qu’est-ce qui se passerait en moi si j’arrêtais de chercher ? » Explorer autrement le besoin de comprendre Parfois, derrière la recherche du « pourquoi », il y a des peurs plus profondes : Si je n’ai pas de réponse, que vais-je devenir ? Si je ne peux pas contrôler ce qui arrive, est-ce que je peux me sentir en sécurité ? Si j’arrête de chercher une solution, est-ce que j’abandonne ? Explorer ces questions ne signifie pas renoncer à son parcours médical ou arrêter de chercher des réponses. Cela signifie simplement créer un espace où toute une partie de soi peut aussi être entendue : celle qui est fatiguée, inquiète, en attente, et qui a besoin de soutien. Retrouver un peu de sécurité dans l’incontrôlable Le travail somatique dans un parcours de fertilité ne cherche pas à convaincre le corps que tout va bien. Il cherche plutôt à lui permettre de faire l’expérience, petit à petit, qu’il existe aussi des moments de sécurité au milieu de l’incertitude. Car l’objectif n’est pas de ne plus ressentir de peur. C’est de pouvoir traverser cette période sans être entièrement absorbée par elle.  

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Exercice somatique d'ancrage des pieds au sol pour calmer l'anxiété

3 exercices somatiques pour l’anxiété

3 exercices somatiques à pratiquer quand l’anxiété monte L’anxiété s’invite rarement au bon moment : avant une réunion, dans les transports, avant de se coucher ou sans raison apparente. Notre réflexe est souvent d’essayer de l’éviter, de la contourner ou de « la faire passer ». Se maintenir occupé.e / dans l’action, se divertir ou scroller sont des stratégies courantes. Fondamentalement, il n’y a rien de mal à y avoir recours. Seulement, si l’anxiété est chronique et que le stress s’accumule dans le système, seul le retour au corps permet vraiment d’avoir accès à cette énergie et de la décharger. Voici trois exercices somatiques à explorer lorsque l’anxiété monte. Ce ne sont pas des solutions miracles, mais des façons d’entrer en relation avec le système nerveux et de lui offrir des occasions de décharger l’énergie du stress. Je vous invite à les expérimenter par vous-même et à les répéter s’ils vous font du bien. Pourquoi des exercices somatiques pour l’anxiété ? Quand on se sent anxieux, on essaie parfois de se raisonner, de rationaliser : « Ça va aller », « Calme-toi ». Pourtant, le corps ne suit pas toujours. Ce n’est pas parce qu’il est contre nous. C’est parce que le système nerveux autonome fonctionne — comme son nom l’indique — en grande partie en dehors de notre volonté consciente. Dès qu’il perçoit une menace, réelle ou supposée, il prépare le corps à réagir en mobilisant de l’énergie : augmentation de l’adrénaline et du cortisol, accélération du rythme cardiaque, tension musculaire… pour être en mesure de prendre action. Sauf que dans le cas de nos stress modernes, la fuite ou le combat qui sont les réponses naturelles qui suivent cette mobilisation de l’énergie et lui donnent une occasion d’être évacuée, n’ont simplement pas lieu. L’énergie se trouve donc « bloquée dans le corps ». Avoir des techniques pour revenir au corps, sentir cette énergie et la décharger devient donc essentiel. 1. Les heel drops : un exercice somatique pour retrouver de l’ancrage En position debout, montez doucement sur la pointe des pieds puis laissez les talons retomber au sol. Sentez la vibration remonter dans les jambes jusqu’au bassin, puis dans le haut du corps. Répétez ce mouvement pendant une à trois minutes, à un rythme confortable. Ces petits impacts aident à retrouver une sensation d’ancrage et de présence. Ils offrent aussi au système nerveux une information sensorielle claire, qui diminue l’état d’alerte. 2. Le Butterfly Hug : utiliser la stimulation bilatérale Croisez les bras devant la poitrine et posez chaque main sur l’épaule opposée. Tapotez alternativement les épaules, à un rythme lent et régulier, tout en laissant votre respiration suivre son propre rythme. Ce geste, utilisé notamment en EMDR, se base sur la stimulation bilatérale. Il amène une sensation de sécurité, de recentrage et de présence à soi. 3. Le soupir physiologique : accompagner le retour au calme Le soupir physiologique est un mécanisme naturel de régulation que notre corps utilise spontanément. Vous pouvez le reproduire volontairement : inspirez par le nez ; sans pause, prenez une seconde petite inspiration ; expirez lentement par la bouche pendant six à huit secondes. Répétez ce cycle cinq fois. Vous pouvez y ajouter un geste d’auto-contact en plaçant votre main sur votre ventre et/ou poitrine. Cette respiration permet de ralentir progressivement l’emballement physiologique associé à l’anxiété. Après les exercices somatiques pour l’anxiété : observer Une fois l’exercice terminé, prenez quelques instants pour observer. Votre respiration est-elle différente ? Vos épaules sont-elles un peu moins tendues ? Avez-vous envie de bâiller, de soupirer ou de vous étirer ? Peut-être ne ressentez-vous rien de particulier. Tout cela est possible. Dans une approche somatique, il n’y a pas d’exercice réussi ou raté. L’essentiel est de développer peu à peu la capacité à percevoir ce qui se passe dans le corps, sans chercher à obtenir un résultat précis. L’idée est de passer de  « Comment sortir de cet état ou résoudre ce problème ? » à « Qu’est-ce qui se passe dans mon corps en ce moment, et comment cela évolue quand je prends quelques instants à être en contact avec lui ? » Pourquoi pratiquer en dehors des moments d’anxiété ? Nous avons tendance à recourir à des outils uniquement lorsque nous sommes déjà submergés. Pourtant, le système nerveux apprend plus facilement lorsqu’il se sent suffisamment en sécurité. Explorer ces gestes dans un moment de calme permet au corps de les mobiliser  plus facilement et d’en bénéficier davantage lorsque l’anxiété monte. Ils deviennent progressivement des repères familiers, plutôt que des techniques de « dernier recours ». Il ne s’agit donc pas seulement d’apprendre à faire redescendre l’anxiété, mais d’élargir progressivement sa capacité de réponse. Des exercices simples, pas des solutions miracles Ces trois pratiques peuvent constituer de précieux points d’appui lorsque l’anxiété apparaît. Cependant, elles ne cherchent pas à supprimer ce que vous ressentez, ni à faire disparaître instantanément votre état. Elles offrent au système nerveux une autre expérience possible : celle de ralentir, de retrouver un peu d’espace, de sentir qu’il existe une alternative à l’alerte permanente. C’est ainsi que les choses commencent à changer.   Note importante : Ces pratiques ne remplacent pas un accompagnement thérapeutique. Si vous vivez des crises d’angoisse fréquentes, des symptômes liés à un traumatisme ou un sentiment d’insécurité persistant, elles peuvent constituer des ressources utiles, mais il est souvent précieux d’être accompagné·e pour comprendre ce que votre système nerveux cherche à protéger.       

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