Émotion

Lit dans une lumière tamisée évoquant les émotions le soir

Pourquoi vos émotions remontent le soir

Pourquoi vos émotions remontent le soir Vous avez peut-être déjà vécu ce moment. La journée, vous tenez. Vous faites ce qu’il faut faire, répondez aux messages, travaillez, gérez les responsabilités et avancez. Et puis, les émotions le soir venu arrivent. Quand tout ralentit. Quand vous vous allongez enfin. Une tristesse qui monte. La poitrine qui se serre. Parfois, une envie de pleurer sans raison apparente. Ou un mental qui recommence à tourner en boucle. Alors une question peut apparaître : « Pourquoi est-ce que je me sens comme ça maintenant, alors que je n’en vois pas la raison ou que ma journée s’est bien passée ? ». Une réponse est peut-être que le soir est le moment où votre corps a enfin l’espace de ressentir ce qui n’a pas pu être accueilli plus tôt. La journée, nous pouvons fonctionner en mode adaptation Pendant la journée, nous sommes souvent mobilisés. Nous avons des tâches, des objectifs, des personnes qui comptent sur nous, des décisions à prendre. Notre attention est tournée vers l’extérieur. Cela peut nous permettre d’avancer, même lorsque nous traversons des périodes difficiles. Dans ce contexte, le corps sait très bien mobiliser des ressources pour nous aider à faire face. Nous pouvons alors repousser une émotion parce qu’il faut terminer une réunion. Ou mettre de côté notre fatigue parce qu’il faut s’occuper de quelque chose. Ou encore continuer malgré une tension intérieure. Et évidemment, le plus souvent, cette capacité est précieuse. Elle nous aide à traverser les moments où nous n’avons pas d’autre choix que d’avancer. Les émotions le soir : ce qui était contenu peut refaire surface Lorsque la journée se termine, les sollicitations diminuent. Il y a moins de choses à faire. Moins de demandes extérieures. Le système peut enfin ralentir. Or dans cet espace qui apparaît, certaines sensations ou émotions peuvent trouver enfin une occasion de se manifester. Cela peut prendre plusieurs formes : une vague de tristesse qui arrive soudainement ; la poitrine serrée lorsque vous vous allongez ; des pensées qui deviennent plus fortes au moment de dormir ; des larmes qui apparaissent sans raison évidente ; un mental qui tourne en boucle après un réveil nocturne. Ces réactions peuvent être déroutantes. Pour autant, elles ne signifient pas que vous êtes fragile ou que vous « gérez mal ». Elles peuvent simplement indiquer que quelque chose en vous cherche enfin un espace pour être ressenti. Et ce phénomène peut d’autant être accentué en cas de période de surcharge émotionnelle.    Ce n’est pas forcément l’histoire qu’il faut écouter en premier Lorsque ces émotions apparaissent, notre réflexe est souvent de chercher une explication : pourquoi est-ce que je ressens ça ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à passer à autre chose ? Bien sûr, comprendre l’histoire peut être important, mais dans un premier temps, une autre porte d’entrée peut être proposée : le corps. Avant de chercher à analyser, vous pouvez simplement observer : – Où est-ce que je ressens cela  dans mon corps ? – Comment je pourrais décrire cette sensation ? Est-ce qu’elle ressemble-t-elle plutôt à une tension, un noeud, une chaleur, une lourdeur, un vide… ? Le corps devient alors un point de contact.  Créer un espace pour accueillir les émotions le soir Lorsque l’émotion monte le soir, nous cherchons souvent rapidement à nous en débarrasser : scroller, regarder une série, parfois chercher une solution en pensant à une situation ou à un problème dans sa tête… Ces stratégies d’évitement ne permettent pas de soulager les émotions en réalité car elles ne permettent de les rencontrer. A la place, vous pouvez essayer de : poser une main là où la sensation est la plus présente ; ralentir légèrement votre respiration ; rester quelques respirations supplémentaires avec ce qui est là. Sans analyser. Il n’est pas nécessaire de comprendre immédiatement. Ni d’essayer de faire disparaître l’émotion. ll s’agit juste de permettre à votre corps d’enregistrer : « Ce que je ressens a le droit d’exister. »   Pourquoi accueillir une émotion peut diminuer son intensité Une émotion qui est constamment repoussée peut parfois revenir avec davantage d’intensité. Non parce qu’elle cherche à nous envahir, mais parce qu’une partie de nous cherche à être entendue. Lorsque nous créons un espace pour une sensation ou une émotion, quelque chose peut progressivement changer. Nous ne sommes plus uniquement pris dedans ou contre elle. Nous pouvons être en relation avec elle. C’est une différence importante. Il ne s’agit pas de devenir calme immédiatement, mais de développer une capacité à rester présent avec notre expérience. Si vous faites de la place pour tout le monde pendant la journée… Peut-être que le soir est le premier moment où une partie de vous trouve enfin un peu de place : la partie fatiguée, inquiète, ou qui a besoin d’être reconnue. Alors, la prochaine fois que vos émotions remontent au moment de vous coucher, vous pourriez essayer de changer légèrement la question. Au lieu de : « Pourquoi est-ce que je ressens ça maintenant ? », on peut se demander : « Qu’est-ce qui, en moi, a besoin d’être entendu ce soir ? » Parfois, le corps cherche simplement un moment où vous pouvez enfin l’écouter.

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Femme avec main placée sur la poitrine évoquant l'auto-contact comme ressource dans la surcharge émotionnelle

Surcharge émotionnelle : quand le corps a trop longtemps contenu

Surcharge émotionnelle : quand le corps a trop longtemps contenu Avez-vous avez parfois l’impression d’être surchargée émotionnellement ? Comme si un événement de plus, une demande de plus ou une contrariété supplémentaire risquait de faire déborder quelque chose ? Ou peut-être vivez-vous quelque chose de plus déroutant : vous tenez très bien sur le moment face à un stress ou une contrariété… puis, quelques heures plus tard, vous vous effondrez en larmes sans vraiment comprendre pourquoi. On associe souvent surcharge émotionnelle à des réactions visibles : une crise, une explosion, un effondrement. Pourtant, elle peut se manifester de manière beaucoup plus discrète. Elle n’est pas le signe que vous êtes « trop sensible » ou incapable de gérer vos émotions. Elle peut simplement indiquer que votre corps a porté, contenu et maintenu beaucoup de choses… pendant longtemps. Qu’est-ce que la surcharge émotionnelle ? La surcharge émotionnelle apparaît lorsque les ressources dont nous disposons pour faire face aux événements sont dépassées par ce que nous avons eu à traverser. Cela ne signifie pas forcément qu’il s’est passé quelque chose d’extraordinaire ou de spectaculaire. Parfois, c’est l’accumulation : les responsabilités quotidiennes, les inquiétudes répétées, les émotions mises de côté parce qu’il fallait continuer à avancer , des situations dans lesquelles il n’y avait pas vraiment d’espace pour ressentir ce qui se passait… Alors, on tient, on avance, on  s’adapte. Jusqu’au moment où le corps indique qu’il n’a plus autant de capacité disponible. La surcharge émotionnelle ne ressemble pas toujours à un débordement Nous imaginons souvent qu’être en surcharge émotionnelle signifie perdre le contrôle (pleurer beaucoup, ne plus réussir à fonctionner,…) mais souvent, c’est plus subtil. Certaines personnes continuent à gérer leur quotidien, à travailler, à prendre soin des autres… tout en portant une tension intérieure importante. La surcharge peut alors se manifester par des réactions qui semblent incohérentes : se sentir incapable d’avancer sur quelque chose qui est pourtant bon pour soi ; ressentir un blocage sans comprendre d’où il vient ; tenir pendant une période difficile, puis s’effondrer une fois que tout est terminé ; ressentir un immense soulagement lorsqu’une décision est enfin prise, même si cette décision était douloureuse.   Quand les émotions ressortent après coup Une expérience fréquente de la surcharge émotionnelle est ce décalage entre le moment où quelque chose se passe… et le moment où l’émotion apparaît. Sur le coup, on fonctionne, on fait ce qu’il faut, on reste efficace. Puis, plus tard, parfois dans un moment où tout semble enfin calme, les émotions arrivent. Des larmes.  Une grande fatigue. Une sensation d’être dépassée. Cela peut sembler étrange, et on peut se demander : Pourquoi est-ce que je craque maintenant alors que le plus difficile est passé ? En réalité, le corps attend souvent un moment où il se sent suffisamment en sécurité pour laisser émerger ce qui a été reteu. La surcharge émotionnelle se vit aussi dans le corps La surcharge émotionnelle n’est pas uniquement une expérience mentale. Elle se manifeste aussi physiquement : fatigue persistante ; tension diffuse ou localisée dans le corps ; difficulté à vraiment se poser ; sensation d’être constamment sollicitée ; irritabilité ; difficultés à se relâcher ou à se concentrer… Lorsque les émotions n’ont pas eu suffisamment d’espace pour être ressenties, accueillies et traversées, le corps peut continuer à les porter. Ce n’est pas qu’il « stocke » littéralement les émotions.Mais il conserve des traces de mobilisation : des tensions, des habitudes de protection, et des états d’alerte associés à une exposition prolongée au stress chronique. Pourquoi le corps continue-t-il à contenir ? Lorsque nous traversons des périodes difficiles, nous faisons souvent ce qui est nécessaire pour continuer. Parfois, nous mettons certaines émotions de côté. Nous repoussons nos besoins. Nous nous adaptons. Et parfois, c’est exactement ce qui nous permet d’avancer. Le problème n’est pas d’avoir contenu. Le problème apparaît lorsqu’il n’y a jamais de fenêtre d’expression de décharge, ou que ce mode de fonctionnement devient permanent, alors que la situation qui nécessitait cette adaptation est terminée. La surcharge émotionnelle n’est pas un manque de maturité Si vous vous reconnaissez dans cette expérience, cela ne signifie pas que vous gérez mal vos émotions, que vous êtes faible, trop sensible ou incapable de faire face. Très souvent, la surcharge émotionnelle raconte plutôt l’inverse : elle raconte une capacité à tenir, à s’adapter, à continuer malgré ce qui était difficile. La question n’est donc peut-être pas : « Pourquoi est-ce que je n’arrive plus à gérer ? », mais plutôt « Qu’est-ce qui, en moi, a eu besoin d’être retenu pendant si longtemps ? » Comment retrouver un espace pour ressentir ses émotions ? En effet, la régulation émotionnelle ne consiste pas à apprendre à ne plus ressentir. Elle ne consiste pas non plus à rester calme en permanence. Il s’agit plutôt de retrouver la capacité d’être en lien avec ce qui se passe en soi, avec davantage de sécurité et de choix. Ce mouvement s’inscrit dans un apprentissage plus large de la régulation du système nerveux.      

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