Femme pensive évoquant les questionnements qui peuvent devenir obsédants dans le cadre d'une infertilité inexpliquée

Infertilité inexpliquée : quand chercher le “pourquoi” fait souffrir

Infertilité : quand chercher le “pourquoi” devient une source de souffrance « Si seulement je savais pourquoi… ». Cette pensée, beaucoup de femmes en parcours de fertilité inexpliquée la connaissent. Si seulement je savais ce qui bloque.Si seulement je comprenais ce qui se passe dans mon corps.Si seulement je trouvais enfin l’explication qui permettrait d’agir. Face à l’infertilité, chercher des réponses est une réaction profondément humaine. Lorsque quelque chose d’aussi important que le désir d’enfant semble nous échapper, notre esprit cherche naturellement à comprendre, à trouver une logique, une cause, un point d’appui. Le « pourquoi » peut devenir une obsession Cette recherche peut être utile et nécessaire. Les examens médicaux, les explorations, les questions posées aux professionnels de santé font partie du parcours. Mais lorsque les examens ne permettent pas d’identifier une cause claire — comme dans les situations d’infertilité inexpliquée — cette quête du « pourquoi » peut prendre une autre dimension. Elle peut une pensée qui revient sans cesse, une tentative permanente de trouver ce qui nous échappe. Et peu à peu, elle épuise. Infertilité inexpliquée : quand il n’y a pas de réponse claire Dans certaines situations d’infertilité, aucune cause précise n’est identifiée malgré les examens réalisés. Cette absence d’explication peut être particulièrement difficile à vivre. Car lorsqu’une cause existe, même si elle est douloureuse, elle donne parfois l’impression d’avoir une prise : un élément sur lequel agir, une direction à suivre. À l’inverse, l’absence de réponse laisse face à une grande question : Comment avancer quand je ne comprends pas ce qui m’arrive ? Alors naturellement, le cerveau cherche. On analyse, revient sur son histoire, cherche ce qui aurait pu être différent. Quand chercher la cause de l’infertilité devient une recherche de contrôle Le questionnement commence alors à changer doucement de nature. Il ne s’agit plus seulement de comprendre. Il s’agit de trouver une ancre, un élément auquel se raccrocher dans une situation profondément incertaine. Et cela se fait souvent à nos dépends :  Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Est-ce que j’ai trop attendu ? Est-ce que mon stress a provoqué ça ? Est-ce que mon corps essaie de me dire quelque chose ? À la douleur de l’absence d’enfant peut alors s’ajouter une autre souffrance : celle de se sentir responsable, coupable voire de se dénigrer en rejetant la responsabilité sur un défaut de son corps par exemple. Pourquoi l’incertitude est-elle si difficile à vivre Mais pourquoi se retourne-t-on contre soi ? Le système nerveux cherche naturellement la sécurité. Pour cela, il aime pouvoir anticiper, comprendre, prévoir. Mais l’infertilité confronte à quelque chose de particulièrement difficile pour notre système : l’incertitude. Dans ce contexte, chercher le « pourquoi » – même si la réponse est douloureuse – peut devenir une tentative de retrouver un peu de maîtrise et de sécurité. Ce n’est pas être control-freak ou ne pas savoir lâcher-prise. C’est une tentative du système de se protéger  face à quelque chose qui nous semble – et est- imprévisible. Pourquoi le lâcher-prise ne suffit pas face à l’infertilité inexpliquée En parcours de fertilité, on entend beaucoup cette phrase  (qui peut parfois nous donner envie de hurler !)  : « Il faut lâcher prise. » Comme si le lâcher-prise était une décision que l’on pouvait prendre. Comme s’il suffisait de se dire : j’arrête d’y penser. Mais lorsque le corps perçoit une situation comme menaçante ou profondément incertaine, il ne suffit pas de décider rationnellement de lâcher-prise. La partie de nous qui s’accroche essaie souvent de nous aider, en trouvant une solution, en ayant un sentiment d’agentivité. Une question que l’on pourrait se poser alors à la place de « Comment faire pour arrêter de chercher le pourquoi ? », serait « Qu’est-ce qui se passerait en moi si j’arrêtais de chercher ? » Explorer autrement le besoin de comprendre Parfois, derrière la recherche du « pourquoi », il y a des peurs plus profondes : Si je n’ai pas de réponse, que vais-je devenir ? Si je ne peux pas contrôler ce qui arrive, est-ce que je peux me sentir en sécurité ? Si j’arrête de chercher une solution, est-ce que j’abandonne ? Explorer ces questions ne signifie pas renoncer à son parcours médical ou arrêter de chercher des réponses. Cela signifie simplement créer un espace où toute une partie de soi peut aussi être entendue : celle qui est fatiguée, inquiète, en attente, et qui a besoin de soutien. Retrouver un peu de sécurité dans l’incontrôlable Le travail somatique dans un parcours de fertilité ne cherche pas à convaincre le corps que tout va bien. Il cherche plutôt à lui permettre de faire l’expérience, petit à petit, qu’il existe aussi des moments de sécurité au milieu de l’incertitude. Car l’objectif n’est pas de ne plus ressentir de peur. C’est de pouvoir traverser cette période sans être entièrement absorbée par elle.  

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