Anxieté

Lit dans une lumière tamisée évoquant les émotions le soir

Pourquoi vos émotions remontent le soir

Pourquoi vos émotions remontent le soir Vous avez peut-être déjà vécu ce moment. La journée, vous tenez. Vous faites ce qu’il faut faire, répondez aux messages, travaillez, gérez les responsabilités et avancez. Et puis, les émotions le soir venu arrivent. Quand tout ralentit. Quand vous vous allongez enfin. Une tristesse qui monte. La poitrine qui se serre. Parfois, une envie de pleurer sans raison apparente. Ou un mental qui recommence à tourner en boucle. Alors une question peut apparaître : « Pourquoi est-ce que je me sens comme ça maintenant, alors que je n’en vois pas la raison ou que ma journée s’est bien passée ? ». Une réponse est peut-être que le soir est le moment où votre corps a enfin l’espace de ressentir ce qui n’a pas pu être accueilli plus tôt. La journée, nous pouvons fonctionner en mode adaptation Pendant la journée, nous sommes souvent mobilisés. Nous avons des tâches, des objectifs, des personnes qui comptent sur nous, des décisions à prendre. Notre attention est tournée vers l’extérieur. Cela peut nous permettre d’avancer, même lorsque nous traversons des périodes difficiles. Dans ce contexte, le corps sait très bien mobiliser des ressources pour nous aider à faire face. Nous pouvons alors repousser une émotion parce qu’il faut terminer une réunion. Ou mettre de côté notre fatigue parce qu’il faut s’occuper de quelque chose. Ou encore continuer malgré une tension intérieure. Et évidemment, le plus souvent, cette capacité est précieuse. Elle nous aide à traverser les moments où nous n’avons pas d’autre choix que d’avancer. Les émotions le soir : ce qui était contenu peut refaire surface Lorsque la journée se termine, les sollicitations diminuent. Il y a moins de choses à faire. Moins de demandes extérieures. Le système peut enfin ralentir. Or dans cet espace qui apparaît, certaines sensations ou émotions peuvent trouver enfin une occasion de se manifester. Cela peut prendre plusieurs formes : une vague de tristesse qui arrive soudainement ; la poitrine serrée lorsque vous vous allongez ; des pensées qui deviennent plus fortes au moment de dormir ; des larmes qui apparaissent sans raison évidente ; un mental qui tourne en boucle après un réveil nocturne. Ces réactions peuvent être déroutantes. Pour autant, elles ne signifient pas que vous êtes fragile ou que vous « gérez mal ». Elles peuvent simplement indiquer que quelque chose en vous cherche enfin un espace pour être ressenti. Et ce phénomène peut d’autant être accentué en cas de période de surcharge émotionnelle.    Ce n’est pas forcément l’histoire qu’il faut écouter en premier Lorsque ces émotions apparaissent, notre réflexe est souvent de chercher une explication : pourquoi est-ce que je ressens ça ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à passer à autre chose ? Bien sûr, comprendre l’histoire peut être important, mais dans un premier temps, une autre porte d’entrée peut être proposée : le corps. Avant de chercher à analyser, vous pouvez simplement observer : – Où est-ce que je ressens cela  dans mon corps ? – Comment je pourrais décrire cette sensation ? Est-ce qu’elle ressemble-t-elle plutôt à une tension, un noeud, une chaleur, une lourdeur, un vide… ? Le corps devient alors un point de contact.  Créer un espace pour accueillir les émotions le soir Lorsque l’émotion monte le soir, nous cherchons souvent rapidement à nous en débarrasser : scroller, regarder une série, parfois chercher une solution en pensant à une situation ou à un problème dans sa tête… Ces stratégies d’évitement ne permettent pas de soulager les émotions en réalité car elles ne permettent de les rencontrer. A la place, vous pouvez essayer de : poser une main là où la sensation est la plus présente ; ralentir légèrement votre respiration ; rester quelques respirations supplémentaires avec ce qui est là. Sans analyser. Il n’est pas nécessaire de comprendre immédiatement. Ni d’essayer de faire disparaître l’émotion. ll s’agit juste de permettre à votre corps d’enregistrer : « Ce que je ressens a le droit d’exister. »   Pourquoi accueillir une émotion peut diminuer son intensité Une émotion qui est constamment repoussée peut parfois revenir avec davantage d’intensité. Non parce qu’elle cherche à nous envahir, mais parce qu’une partie de nous cherche à être entendue. Lorsque nous créons un espace pour une sensation ou une émotion, quelque chose peut progressivement changer. Nous ne sommes plus uniquement pris dedans ou contre elle. Nous pouvons être en relation avec elle. C’est une différence importante. Il ne s’agit pas de devenir calme immédiatement, mais de développer une capacité à rester présent avec notre expérience. Si vous faites de la place pour tout le monde pendant la journée… Peut-être que le soir est le premier moment où une partie de vous trouve enfin un peu de place : la partie fatiguée, inquiète, ou qui a besoin d’être reconnue. Alors, la prochaine fois que vos émotions remontent au moment de vous coucher, vous pourriez essayer de changer légèrement la question. Au lieu de : « Pourquoi est-ce que je ressens ça maintenant ? », on peut se demander : « Qu’est-ce qui, en moi, a besoin d’être entendu ce soir ? » Parfois, le corps cherche simplement un moment où vous pouvez enfin l’écouter.

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Femme massant sa nuque tendue, un signe de stress possible

3 signes de stress que votre corps vous envoie

3 signes de stress que votre corps vous envoie — et que vous avez peut-être appris à ignorer Et si votre corps vous parlait à travers des signes de stress, mais que vous vous étiez habitué à l’ignorer ? Beaucoup d’entre nous ont appris à fonctionner ainsi : prendre sur soi, serrer les dents, pour continuer malgré la fatigue ou les douleurs. Notre culture de la performance valorise même cette capacité à « tenir », quitte à nous précipiter dans le burn-out. Pendant ce temps, le corps, lui, nous parle. À travers les tensions, les sensations et les changements dans notre respiration, notre système nerveux nous envoie constamment des informations. Au début, ces signes de stress peuvent être discrets. Mais lorsque le stress devient chronique, ils peuvent devenir plus fréquents ou plus intenses, comme si le corps cherchait à attirer notre attention, en parlant de plus en plus fort. Voici trois de ces signaux qui sont très communs mais largement sous-estimés. 1. Une mâchoire serrée : quand le corps reste prêt à se défendre Vous vous surprenez à serrer les dents ? Vous avez parfois la mâchoire tendue au réveil ou en fin de journée ? Cette tension est fréquente en période de stress et peut devenir une tension présente en permanence en cas de stress chronique. Lorsque le système nerveux active une réponse de combat ou de fuite, le corps se prépare littéralement à faire face à une situation perçue comme menaçante. Les muscles se contractent. Le corps mobilise son énergie. La mâchoire, comme d’autres groupes musculaires, peut participer à cette mobilisation. Mais au-delà de la réaction physiologique, cette tension peut aussi devenir un endroit où le corps maintient une charge : une émotion retenue, une réaction empêchée ou inaboutie, des mots qui n’ont pas pu être exprimés. Comme si le corps « serrait les dents » face à ce qu’il traverse. Vous pouvez essayer simplement : masser doucement la mâchoire avec des mouvements circulaires ; ouvrir la bouche quelques secondes en laissant sortir un « ahhh » ; laisser la mâchoire se relâcher légèrement. Puis observer, sans chercher une réponse immédiate : Qu’est-ce que je retiens en ce moment ? Intervention rapide   Vous pouvez essayer de : masser doucement la mâchoire avec des mouvements circulaires ; ouvrir grand la bouche quelques secondes en laissant sortir un « ahhh » ; laisser la mâchoire se relâcher légèrement, comme si il n’y avait plus de tonicité Puis demander, sans chercher une réponse immédiate : Qu’est-ce que je retiens en ce moment ? 2. Des épaules tendues : quand le corps porte trop longtemps « Le poids sur les épaules. » L’expression est assez parlante. Lorsque le système nerveux perçoit une menace, le corps prépare les muscles à l’action. Les épaules et la nuque se contractent souvent dans cette mobilisation dans une posture de protection, comme pour se défendre. Avec le temps, cette tension peut devenir une habitude corporelle. On peut avoir l’impression de porter une charge invisible : responsabilités, inquiétudes, charge mentale, vigilance permanente. Cela ne signifie pas que toute tension d’épaule est forcément liée au stress. Mais elle peut être une invitation à observer :Est-ce que mon corps est encore en train de se préparer à quelque chose ?   Intervention rapide Vous pouvez explorer : rouler doucement les épaules vers l’arrière ; hausser les épaules vers les oreilles le plus haut possible, tenir quelques secondes puis les relâcher très très lentement ; poser une main sur votre poitrine et vous rappeler : « Je peux déposer un peu de ce poids. »   3. Une respiration courte ou superficielle : quand le corps reste en vigilance Lorsque le système nerveux est activé, la respiration change en devenant plus rapide et plus haute dans la poitrine. Ce fonctionnement est utile dans une situation de danger : il permet de mobiliser rapidement l’énergie nécessaire pour agir. Mais lorsque cette activation devient fréquente, le corps peut rester plus longtemps que nécessaire dans un état de préparation et cette respiration superficielle peut devenir une habitude corporelle. Intervention rapide Vous pouvez expérimenter simplement : poser une main sur votre poitrine et une main sur votre ventre ; observer le mouvement de votre respiration ; laisser l’expiration devenir progressivement un peu plus longue que l’inspiration. Vous pouvez aussi essayer de fredonner doucement sur l’expiration le son « hummmm ». Les signes de stress sont des informations, pas des ennemis Lorsque nous ressentons une tension ou une sensation inconfortable, notre premier réflexe est de vouloir la faire disparaître. Pourtant, les signaux du corps ne sont pas forcément des problèmes à corriger. Ces symptômes physiques de l’anxiété sont une façon de notre système  nerveuxde communiquer avec vous. Au lieu de demander : « Comment faire pour que ça arrête ? », on peut parfois s’interroger sur « Qu’est-ce que mon corps essaie de me dire ? » Cette curiosité change notre relation à nos sensations. Nous passons progressivement d’une lutte contre nous-mêmes à une capacité à nous soutenir.   La régulation se construit à travers de petites réponses répétées La régulation du système nerveux ne consiste pas à ne plus jamais ressentir de stress. Notre système nerveux est conçu pour s’activer lorsque c’est nécessaire. L’objectif n’est donc pas de rester calme en permanence, mais de retrouver davantage de flexibilité : pouvoir mobiliser de l’énergie quand la situation le demande, puis revenir progressivement vers plus de repos et de sécurité. Et cela se construit souvent à travers de petites expériences répétées, comme un moment où vous remarquez votre tension, une respiration que vous laissez s’approfondir, ou un geste doux envers vous-même. Parfois, c’est simplement une réponse différente à un signal qui était auparavant ignoré. Petit à petit, le corps apprend qu’il peut être écouté.

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Femme observant l'horizon, épaules courbées

« Je ne suis pas assez » : une croyance inscrite dans le corps

« Je ne suis pas assez » : une croyance inscrite dans le corps « Je ne suis pas assez. » Pas assez compétente. Intéressante. Belle. Avancée. Pas assez… Cette phrase peut sembler être une simple pensée négative. Pourtant, chez beaucoup de femmes, la croyance « je ne suis pas assez » est bien plus qu’une idée passagère. Elle est parfois installée comme un schéma profondément intégré : émotionnel, relationnel… et corporel. Un schéma qui influence la manière dont nous nous percevons, dont nous entrons en relation avec les autres et dont nous nous mobilisons au quotidien. Car certaines croyances ne restent pas uniquement dans notre esprit. Elles s’inscrivent aussi dans notre manière d’habiter notre corps. Comment la croyance « je ne suis pas assez » se construit-elle ? La croyance « je ne suis pas assez » se construit parfois tôt dans la vie. Elle peut émerger à un moment où l’amour, l’attention ou l’acceptation ont semblé conditionnels. Lorsque nous apprenons, implicitement, qu’il faut faire quelque chose pour mériter notre place :être sage, réussir, ne pas déranger, répondre aux attentes, prendre soin des autres… Petit à petit, le message intégré peut devenir : « Pour être aimée, je dois faire plus. » « Si je veux être acceptée, je dois être différente. » « Pour avoir ma place, je dois prouver ma valeur. » Bien sûr, chaque histoire est différente, mais ces schémas ne viennent pas uniquement de notre histoire personnelle. Ils sont aussi nourris par l’environnement dans lequel nous grandissons. Une croyance aussi alimentée par notre culture Nous vivons dans une société qui nous demande souvent d’être beaucoup de choses à la fois : être performante mais pas au point d’effacer les autres ; ambitieuse mais pas dérangeante ; douce mais pas effacée ; mince mais féminine, disponible mais tout en sachant prendre soin de soi ! Pour beaucoup de femmes, ces injonctions permanentes créent un bruit de fond intérieur, teinté de culpabilité : Je pourrais faire mieux. Je devrais être différente. Je ne suis pas encore assez. Cette croyance devient parfois si familière qu’on ne s’en aperçoit même pas. Comment le sentiment de ne pas être assez se manifeste au quotidien Lorsque nous portons la croyance « je ne suis pas assez », nous pouvons inconsciemment chercher à compenser, à démontrer, à prouver notre valeur, en espérant n atteindre ce moment où nous pourrions nous dire : « Ça y est. Maintenant, je suis suffisamment bien ». Cela peut se manifester par : du perfectionnisme ; une tendance à beaucoup s’investir ou à en faire / donner trop ; une difficulté à se reposer sans culpabilité ; une peur d’être « découverte » comme n’étant pas à la hauteur ; un besoin de plaire, d’être validée par l’environnement. Ce ne sont pas des défauts de caractère, mais des stratégies développées pour préserver quelque chose d’essentiel : le lien, l’appartenance, la sécurité.   Une croyance engrammée dans le corps Une croyance comme « je ne suis pas assez » n’existe pas seulement dans nos pensées. Elle vit aussi dans le corps, dans la posture et les schémas de tensions. Dans ma pratique, j’observe chez beaucoup de personnes et en particulier de femmes, la tendance à se tenir légèrement courbée, épaules rentrées comme pour littéralement ne pas prendre trop de place. Une posture ou le devant du corps et en particulier visage et bras sont projetés en avant en est un autre exemple, en plus évidemment de la crispation musculaire liée au trop faire. Le corps peut rester organisé autour d’une forme de mobilisation permanente : faire plus, anticiper davantage, éviter l’erreur, rester performante. Enfin, chez certaines personnes, cette mobilisation prend aussi la forme d’un besoin de contrôle et d’hypervigilance.   La régulation du système nerveux : une porte d’entrée, pas toute l’histoire Lorsque l’on travaille avec le corps, apprendre à réguler son système nerveux peut être une première étape importante. Se reconnecter aux sensations permet de remarquer : Quand est-ce que je me contracte ? À quel endroit est-ce que je me mets en tension pour être parfaite ? Dans quel(s) domaine de ma vie,  circonstances ou environnement je cherche constamment à faire mes preuves ? Cette conscience corporelle ouvre un espace. Un espace où nous pouvons observer nos automatismes au lieu d’être complètement pris dedans. Mais la transformation profonde ne consiste pas seulement à apprendre à se calmer. Elle vient aussi lorsque nous commençons à questionner la croyance elle-même. Est-ce que je dois réellement prouver ma valeur ? Dois-je vraiment être différente pour être digne d’amour ou d’appartenance ? Cette stratégie qui m’a peut-être protégée autrefois est encore nécessaire aujourd’hui ?   Ce qui a été appris peut aussi évoluer La croyance « je ne suis pas assez » n’est pas une vérité sur votre valeur. C’est un schéma. Une manière dont votre système a appris à chercher la sécurité, le lien ou l’appartenance. Et ce qui a été appris peut évoluer. Pas en se répétant simplement des affirmations positives mais à travers une nouvelle rencontre avec soi-même. Une rencontre où le corps peut progressivement expérimenter qu’il n’a plus besoin de lutter autant pour avoir sa place.

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Femme pensive évoquant les questionnements qui peuvent devenir obsédants dans le cadre d'une infertilité inexpliquée

Infertilité inexpliquée : quand chercher le “pourquoi” fait souffrir

Infertilité : quand chercher le “pourquoi” devient une source de souffrance « Si seulement je savais pourquoi… ». Cette pensée, beaucoup de femmes en parcours de fertilité inexpliquée la connaissent. Si seulement je savais ce qui bloque.Si seulement je comprenais ce qui se passe dans mon corps.Si seulement je trouvais enfin l’explication qui permettrait d’agir. Face à l’infertilité, chercher des réponses est une réaction profondément humaine. Lorsque quelque chose d’aussi important que le désir d’enfant semble nous échapper, notre esprit cherche naturellement à comprendre, à trouver une logique, une cause, un point d’appui. Le « pourquoi » peut devenir une obsession Cette recherche peut être utile et nécessaire. Les examens médicaux, les explorations, les questions posées aux professionnels de santé font partie du parcours. Mais lorsque les examens ne permettent pas d’identifier une cause claire — comme dans les situations d’infertilité inexpliquée — cette quête du « pourquoi » peut prendre une autre dimension. Elle peut une pensée qui revient sans cesse, une tentative permanente de trouver ce qui nous échappe. Et peu à peu, elle épuise. Infertilité inexpliquée : quand il n’y a pas de réponse claire Dans certaines situations d’infertilité, aucune cause précise n’est identifiée malgré les examens réalisés. Cette absence d’explication peut être particulièrement difficile à vivre. Car lorsqu’une cause existe, même si elle est douloureuse, elle donne parfois l’impression d’avoir une prise : un élément sur lequel agir, une direction à suivre. À l’inverse, l’absence de réponse laisse face à une grande question : Comment avancer quand je ne comprends pas ce qui m’arrive ? Alors naturellement, le cerveau cherche. On analyse, revient sur son histoire, cherche ce qui aurait pu être différent. Quand chercher la cause de l’infertilité devient une recherche de contrôle Le questionnement commence alors à changer doucement de nature. Il ne s’agit plus seulement de comprendre. Il s’agit de trouver une ancre, un élément auquel se raccrocher dans une situation profondément incertaine. Et cela se fait souvent à nos dépends :  Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Est-ce que j’ai trop attendu ? Est-ce que mon stress a provoqué ça ? Est-ce que mon corps essaie de me dire quelque chose ? À la douleur de l’absence d’enfant peut alors s’ajouter une autre souffrance : celle de se sentir responsable, coupable voire de se dénigrer en rejetant la responsabilité sur un défaut de son corps par exemple. Pourquoi l’incertitude est-elle si difficile à vivre Mais pourquoi se retourne-t-on contre soi ? Le système nerveux cherche naturellement la sécurité. Pour cela, il aime pouvoir anticiper, comprendre, prévoir. Mais l’infertilité confronte à quelque chose de particulièrement difficile pour notre système : l’incertitude. Dans ce contexte, chercher le « pourquoi » – même si la réponse est douloureuse – peut devenir une tentative de retrouver un peu de maîtrise et de sécurité. Ce n’est pas être control-freak ou ne pas savoir lâcher-prise. C’est une tentative du système de se protéger  face à quelque chose qui nous semble – et est- imprévisible. Pourquoi le lâcher-prise ne suffit pas face à l’infertilité inexpliquée En parcours de fertilité, on entend beaucoup cette phrase  (qui peut parfois nous donner envie de hurler !)  : « Il faut lâcher prise. » Comme si le lâcher-prise était une décision que l’on pouvait prendre. Comme s’il suffisait de se dire : j’arrête d’y penser. Mais lorsque le corps perçoit une situation comme menaçante ou profondément incertaine, il ne suffit pas de décider rationnellement de lâcher-prise. La partie de nous qui s’accroche essaie souvent de nous aider, en trouvant une solution, en ayant un sentiment d’agentivité. Une question que l’on pourrait se poser alors à la place de « Comment faire pour arrêter de chercher le pourquoi ? », serait « Qu’est-ce qui se passerait en moi si j’arrêtais de chercher ? » Explorer autrement le besoin de comprendre Parfois, derrière la recherche du « pourquoi », il y a des peurs plus profondes : Si je n’ai pas de réponse, que vais-je devenir ? Si je ne peux pas contrôler ce qui arrive, est-ce que je peux me sentir en sécurité ? Si j’arrête de chercher une solution, est-ce que j’abandonne ? Explorer ces questions ne signifie pas renoncer à son parcours médical ou arrêter de chercher des réponses. Cela signifie simplement créer un espace où toute une partie de soi peut aussi être entendue : celle qui est fatiguée, inquiète, en attente, et qui a besoin de soutien. Retrouver un peu de sécurité dans l’incontrôlable Le travail somatique dans un parcours de fertilité ne cherche pas à convaincre le corps que tout va bien. Il cherche plutôt à lui permettre de faire l’expérience, petit à petit, qu’il existe aussi des moments de sécurité au milieu de l’incertitude. Car l’objectif n’est pas de ne plus ressentir de peur. C’est de pouvoir traverser cette période sans être entièrement absorbée par elle.  

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Exercice somatique d'ancrage des pieds au sol pour calmer l'anxiété

3 exercices somatiques pour l’anxiété

3 exercices somatiques à pratiquer quand l’anxiété monte L’anxiété s’invite rarement au bon moment : avant une réunion, dans les transports, avant de se coucher ou sans raison apparente. Notre réflexe est souvent d’essayer de l’éviter, de la contourner ou de « la faire passer ». Se maintenir occupé.e / dans l’action, se divertir ou scroller sont des stratégies courantes. Fondamentalement, il n’y a rien de mal à y avoir recours. Seulement, si l’anxiété est chronique et que le stress s’accumule dans le système, seul le retour au corps permet vraiment d’avoir accès à cette énergie et de la décharger. Voici trois exercices somatiques à explorer lorsque l’anxiété monte. Ce ne sont pas des solutions miracles, mais des façons d’entrer en relation avec le système nerveux et de lui offrir des occasions de décharger l’énergie du stress. Je vous invite à les expérimenter par vous-même et à les répéter s’ils vous font du bien. Pourquoi des exercices somatiques pour l’anxiété ? Quand on se sent anxieux, on essaie parfois de se raisonner, de rationaliser : « Ça va aller », « Calme-toi ». Pourtant, le corps ne suit pas toujours. Ce n’est pas parce qu’il est contre nous. C’est parce que le système nerveux autonome fonctionne — comme son nom l’indique — en grande partie en dehors de notre volonté consciente. Dès qu’il perçoit une menace, réelle ou supposée, il prépare le corps à réagir en mobilisant de l’énergie : augmentation de l’adrénaline et du cortisol, accélération du rythme cardiaque, tension musculaire… pour être en mesure de prendre action. Sauf que dans le cas de nos stress modernes, la fuite ou le combat qui sont les réponses naturelles qui suivent cette mobilisation de l’énergie et lui donnent une occasion d’être évacuée, n’ont simplement pas lieu. L’énergie se trouve donc « bloquée dans le corps ». Avoir des techniques pour revenir au corps, sentir cette énergie et la décharger devient donc essentiel. 1. Les heel drops : un exercice somatique pour retrouver de l’ancrage En position debout, montez doucement sur la pointe des pieds puis laissez les talons retomber au sol. Sentez la vibration remonter dans les jambes jusqu’au bassin, puis dans le haut du corps. Répétez ce mouvement pendant une à trois minutes, à un rythme confortable. Ces petits impacts aident à retrouver une sensation d’ancrage et de présence. Ils offrent aussi au système nerveux une information sensorielle claire, qui diminue l’état d’alerte. 2. Le Butterfly Hug : utiliser la stimulation bilatérale Croisez les bras devant la poitrine et posez chaque main sur l’épaule opposée. Tapotez alternativement les épaules, à un rythme lent et régulier, tout en laissant votre respiration suivre son propre rythme. Ce geste, utilisé notamment en EMDR, se base sur la stimulation bilatérale. Il amène une sensation de sécurité, de recentrage et de présence à soi. 3. Le soupir physiologique : accompagner le retour au calme Le soupir physiologique est un mécanisme naturel de régulation que notre corps utilise spontanément. Vous pouvez le reproduire volontairement : inspirez par le nez ; sans pause, prenez une seconde petite inspiration ; expirez lentement par la bouche pendant six à huit secondes. Répétez ce cycle cinq fois. Vous pouvez y ajouter un geste d’auto-contact en plaçant votre main sur votre ventre et/ou poitrine. Cette respiration permet de ralentir progressivement l’emballement physiologique associé à l’anxiété. Après les exercices somatiques pour l’anxiété : observer Une fois l’exercice terminé, prenez quelques instants pour observer. Votre respiration est-elle différente ? Vos épaules sont-elles un peu moins tendues ? Avez-vous envie de bâiller, de soupirer ou de vous étirer ? Peut-être ne ressentez-vous rien de particulier. Tout cela est possible. Dans une approche somatique, il n’y a pas d’exercice réussi ou raté. L’essentiel est de développer peu à peu la capacité à percevoir ce qui se passe dans le corps, sans chercher à obtenir un résultat précis. L’idée est de passer de  « Comment sortir de cet état ou résoudre ce problème ? » à « Qu’est-ce qui se passe dans mon corps en ce moment, et comment cela évolue quand je prends quelques instants à être en contact avec lui ? » Pourquoi pratiquer en dehors des moments d’anxiété ? Nous avons tendance à recourir à des outils uniquement lorsque nous sommes déjà submergés. Pourtant, le système nerveux apprend plus facilement lorsqu’il se sent suffisamment en sécurité. Explorer ces gestes dans un moment de calme permet au corps de les mobiliser  plus facilement et d’en bénéficier davantage lorsque l’anxiété monte. Ils deviennent progressivement des repères familiers, plutôt que des techniques de « dernier recours ». Il ne s’agit donc pas seulement d’apprendre à faire redescendre l’anxiété, mais d’élargir progressivement sa capacité de réponse. Des exercices simples, pas des solutions miracles Ces trois pratiques peuvent constituer de précieux points d’appui lorsque l’anxiété apparaît. Cependant, elles ne cherchent pas à supprimer ce que vous ressentez, ni à faire disparaître instantanément votre état. Elles offrent au système nerveux une autre expérience possible : celle de ralentir, de retrouver un peu d’espace, de sentir qu’il existe une alternative à l’alerte permanente. C’est ainsi que les choses commencent à changer.   Note importante : Ces pratiques ne remplacent pas un accompagnement thérapeutique. Si vous vivez des crises d’angoisse fréquentes, des symptômes liés à un traumatisme ou un sentiment d’insécurité persistant, elles peuvent constituer des ressources utiles, mais il est souvent précieux d’être accompagné·e pour comprendre ce que votre système nerveux cherche à protéger.       

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Femme assise chez elle, attentive à son environnement, évoquant une difficulté à se relâcher

Pourquoi je n’arrive pas à me détendre alors que tout va bien ?

Pourquoi je n’arrive pas à me détendre alors que tout va bien ? Vous rentrez chez vous après une journée ordinaire. Rien de particulièrement difficile ne s’est passé. Et pourtant, impossible de relâcher les épaules. Le moindre bruit vous fait sursauter. Vous relisez plusieurs fois le message que vous venez d’envoyer. Puis vous repensez à cette remarque faite un peu plus tôt dans la journée : « Est-ce que j’aurais dû dire ça autrement ? ». À l’extérieur, tout semble aller à peu près bien. À l’intérieur, en revanche, votre corps reste sur le qui-vive, comme s’il fallait continuer à être prêt. Beaucoup de personnes en concluent qu’elles sont « de nature anxieuse » ou qu’elles réfléchissent trop. Pourtant, ces réactions peuvent raconter autre chose : un système nerveux en état d’alerte, même lorsque le danger ou la difficulté ne sont plus présents. Les signes d’un système nerveux en état d’alerte Un état d’alerte ne ressemble pas forcément à une crise d’angoisse ou à un stress spectaculaire. Il peut être beaucoup plus discret, presque banal. Par exemple : vous sursautez facilement au moindre bruit inattendu ; vous vous sentez fatigué·e, même après une bonne nuit de sommeil ; vous avez du mal à vraiment relâcher en fin de journée ; vous anticipez systématiquement les scénarios B, C, D ou E ; vous relisez plusieurs fois un texto avant de l’envoyer… et parfois même après ; vous repensez longtemps à une conversation en vous demandant si vous avez bien fait de dire telle ou telle chose. Pris séparément, chacun de ces comportements peut sembler anodin. Cependant, lorsqu’ils se répètent, ils peuvent être les différentes expressions d’un même état : celui d’un système nerveux qui continue de fonctionner comme s’il devait rester vigilant. Pourquoi le système nerveux reste-t-il en état d’alerte ? Notre système nerveux a une fonction essentielle : nous protéger. Lorsqu’il a traversé des périodes où l’imprévu, les tensions, l’insécurité ou les conflits étaient fréquents, il peut apprendre qu’il vaut mieux rester prêt. Il anticipe ce qui pourrait arriver, cherche à éviter les erreurs et surveille le moindre signe de danger. Ce fonctionnement a souvent eu une véritable utilité à un moment de notre vie. Il ne s’est donc pas installé « par hasard » ou parce que nous serions trop sensibles. Le problème, c’est qu’une fois cette stratégie bien ancrée, le corps ne reçoit pas automatiquement le message que les circonstances ont changé et qu’il peut relâcher la vigilance maintenant.  Comment cet état d’alerte se manifeste-t-il dans le corps ? Cette vigilance prolongée ne se manifeste pas seulement dans les pensées ou les comportements. Elle peut également affecter différentes fonctions du corps ou se traduire dans des tensions chroniques que vous ne remarquez même plus. J’observe ces manifestations chez plusieurs personnes que j’accompagne (la liste n’est bien sûr par exhaustive) : la sensation de « nœud » à l’estomac ; parfois des troubles digestifs ; une mâchoire serrée, en particulier la nuit ; les poings serrés pendant le sommeil. Ces sensations ne signifient pas nécessairement que la situation vécue actuellement présente un danger ou une menace pour la personne. Elles peuvent néanmoins indiquer que le corps continue de mobiliser ses ressources comme s’il devait encore se protéger. L’état d’alerte n’est pas un trait de caractère On entend souvent des phrases comme : « Je suis quelqu’un de stressé. », « C’est dans ma nature. », « Je suis comme ça. » Pourtant, ce que j’observe souvent dans mon travail, c’est que ces réactions relèvent moins de la personnalité que de la manière dont le système nerveux a appris à assurer la sécurité. Autrement dit, votre corps ne cherche pas à vous compliquer la vie. Il essaie simplement de faire son travail, parfois avec un réglage d’alerte devenu plus élevé que nécessaire. Comprendre cela change souvent le regard que l’on porte sur soi. Ainsi, on peut plus facilement passer de la culpabilité, du jugement ou de la honte, à de la curiosité ou à l’auto-compassion. Aider son corps à retrouver davantage de sécurité Lorsqu’on découvre ce fonctionnement, une première réaction consiste souvent à chercher comment se détendre. Bien sûr, certaines pratiques peuvent apporter un soulagement. Toutefois, la question est peut-être ailleurs. Il ne s’agit pas seulement d’apprendre à se calmer. Il s’agit surtout d’aider progressivement le corps à faire une nouvelle expérience : celle que le présent est différent de ce qu’il a connu auparavant. C’est notamment tout le travail des approches somatiques. Elles ne cherchent pas uniquement à convaincre le mental que tout va bien. Elles s’adressent directement au système nerveux, afin de créer peu à peu davantage de sécurité, de souplesse et de capacité à revenir à l’équilibre après une période de stress. C’est ce que l’on appelle la régulation du système nerveux. Ce que l’on recherche n’est donc pas un état de détente permanent. Il s’agit plutôt de retrouver une plus grande liberté de répondre à ce qui se passe, sans rester bloqué·e dans l’alerte. Now is different from then Au lieu de se reprocher de ne pas réussir à relâcher alors que « tout va bien », vous pourriez essayer de déplacer légèrement la question. Au lieu de vous demander : « Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? » Vous pourriez vous demander : « Qu’est-ce qui aiderait mon corps à comprendre que maintenant est différent d’autrefois ? »    

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Femme allongée, le corps en tension et le regard évoquant le contrôle et l'hypervigilance

Besoin de tout contrôler : ce que votre corps essaie de protéger

Ce que le corps essaie de faire quand on “sur-contrôle” On confond souvent l’hyper-contrôle (ou le fameux « control freak ») avec un trait de personnalité : rigidité, perfectionnisme, sens de l’organisation… Le problème avec cette lecture, c’est qu’elle ne dit rien de l’essentiel c’est-à-dire pourquoi ce besoin de contrôler est là. Le besoin de contrôler n’est pas toujours une volonté de tout maîtriser : il peut être une manière, pour le corps et le système nerveux, d’anticiper ce qui pourrait arriver et de se sentir un peu moins vulnérable. Autrement dit, le contrôle ou sur-contrôle peut être compris comme une conséquence de l’hypervigilance et une forme d’état d’alerte du système nerveux. Contrôle et hypervigilance : qu’est-ce qui cherche à être protégé ? Une cliente me disait récemment : “Je deviens dure avec mes enfants. Je me crispe sur des détails. Je n’arrive pas à lâcher.”  Son corps portait les signes de cette tension : mâchoire serrée, poings tendus, hypersensibilité au bruit… Elle s’en jugeait énormément et s’en voulait de ne pas être une « bonne mère ». Derrière la rigidité, il y avait une anxiété ancienne. Et derrière l’anxiété, une colère — et un chagrin, la mort de sa mère, survenue à un moment charnière : la naissance de son deuxième enfant. Il y avait eu de la joie… et un deuil. Un nouveau départ… et une perte.  Trop. Trop vite. En même temps. Donc il n’y avait pas le temps de digérer tout ça. Et surtout, il n’y avait aucune prise. Quelque chose s’est figé à cet endroit-là. Quand le contrôle devient une stratégie de protection Cette histoire est une histoire particulière mais le mécanisme, lui, est courant : le sur-contrôle apparaît souvent après un « trop ». Ce n’est pas toujours un grand traumatisme identifiable. Parfois, c’est une période longue où il fallait gérer, encaisser, ne pas flancher — sans avoir vraiment le choix. Le corps conserve la mémoire de ces périodes où il y a eu trop, trop vite, ou trop longtemps sans possibilité de choix… et cherche ensuite à prévenir de telles menaces. C’est un peu comme s’il disait : “Je contrôle parce que ne pas contrôler m’a déjà fait trop mal.” Quand l’hypervigilance transforme l’organisation en rigidité Alors il s’organise, anticipe, verrouille. Les horaires, les routines, les repas, la maison, le moindre détail : pas pour “être parfaite”… mais pour se sentir un peu moins vulnérable. La nuance est fine entre être organisée et être rigide. L’organisation est structurante. La rigidité apparaît quand le système ne tolère plus l’imprévu : un changement de plan, une contrariété, un grain de sable. Parce que pour lui, ce n’est pas un grain de sable : c’est un risque. Et c’est là que la crispation apparaît. Pourquoi lâcher le contrôle ne marche pas face à l’hypervigilance Dans ces cas, on s’entend dire qu’on devrait lâcher-prise. Mais décider de « lâcher-prise » ne marche pas parce que ce n’est pas une question de volonté. Etant donné que le sur-contrôle est souvent une stratégie de protection, si on la retire brutalement, le système entre en panique. Alors, une piste pourrait être, non  pas d’ »arrêter de contrôler” mais d’observer ce qui se passe quand on relâche sur 2%. Sur un détail sans enjeu vital. Laver les cheveux de son enfant une fois au lieu de deux par semaine. Reporter l’aspirateur au lendemain. Accepter qu’un repas ne soit pas aussi sain que prévu. Et remarquer ce qui se passe dans le corps quand on fait ces petits changements : est-ce qu’il y une sensation d’agacement, de crispation, de panique ? Est-ce que ça s’apaise après coup ? C’est de cette manière que l’on peut faire doucement comprendre au système nerveux que tout va bien, même si tout n’est pas « comme il faut ». Ce chemin s’inscrit bien entendu dans un apprentissage plus large, celui de la régulation du système nerveux.    

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Femme attentive à son corps et aux symptômes physiques de l'anxiété

Comment l’anxiété se manifeste dans le corps

Comment l’anxiété se manifeste dans le corps On a souvent tendance à réduire l’anxiété à un état mental : des pensées qui tournent en boucle, des inquiétudes pour le futur, des ruminations. Pourtant, les symptômes physiques de l’anxiété sont bien réels et, pour beaucoup d’entre nous, l’anxiété se vit d’abord dans la chair. Un ventre soudainement noué, une mâchoire serrée au réveil ou une fatigue écrasante, sans pour autant être conscient d’être « inquiet », cela vous parle ? C’est une expérience fréquente, car, de la tête aux pieds, presque chaque système du corps peut être affecté par l’anxiété. Pourquoi l’anxiété provoque-t-elle des symptômes physiques ? Les effets physiques de l’anxiété sont directement liés à l’activation de la réponse sympathique, plus connue sous le nom de « combat ou fuite » (fight or flight). Face à un facteur de stress, le corps passe en mode « protection ». Ne faisant pas la différence entre une menace physique immédiate (une lion dans la savane) et un stress moderne (un email urgent, une pression sociale, une insécurité financière), il se prépare biologiquement à faire face au danger, même si ce danger n’est pas immédiat ou matériel. Voici 5 zones où cette activation se manifeste le plus fréquemment. Les 5 principaux symptômes physiques de l’anxiété 1. Le ventre et la digestion : le « deuxième cerveau » Lorsque le système sympathique s’active pour gérer une urgence, la digestion n’est plus une priorité pour le corps car l’urgence est alors d’envoyer du sang et de l’énergie vers le coeur et les membres. La digestion ralentit donc ou se met totalement en pause. Ce que vous pouvez ressentir : Une sensation de « nœud » à l’estomac. De la constipation ou, à l’inverse, de la diarrhée. Des nausées ou un inconfort abdominal diffus. 2. Le visage, la tête et la gorge C’est souvent une zone où la tension s’accumule sans que l’on s’en rende compte. Avez-vous déjà remarqué que vos dents se touchent alors que vous êtes au repos ? Ce que vous pouvez ressentir : La mâchoire qui se serre, parfois la nuit, causant des grincements. Des tensions dans la gorge (notamment la fameuse sensation de « boule dans la gorge »). Une posture qui change : la tête projetée vers l’avant, la nuque qui se raidit. 3. Le cœur et le rythme cardiaque C’est le signe le plus classique de la réponse « fuite ou combat ». Le corps a besoin d’envoyer plus de sang et d’oxygène vers les grands groupes musculaires pour vous préparer à courir ou à vous défendre. Ce que vous pouvez ressentir : Des palpitations. Un rythme cardiaque qui s’accélère soudainement, même au repos. Une impression de souffle court. 4. Les muscles et les douleurs diffuses Tenir le corps en état d’alerte trop longtemps demande une énergie considérable. Les muscles restent « prêts à l’action », contractés, sans jamais avoir l’occasion de décharger cette énergie (puisque nous ne fuyons pas réellement en courant face à un email stressant). Ce que vous pouvez ressentir : Une rigidité corporelle. Des douleurs chroniques ou des tensions persistantes (dos, épaules). Paradoxalement, une sensation de faiblesse musculaire. 5. Le sommeil et la concentration C’est un cercle vicieux : un niveau élevé d’hormones de stress (dont le cortisol) et un état d’hypervigilance empêchent le système nerveux de basculer vers le repos nécessaire au sommeil. Ce que vous pouvez ressentir : Des difficultés à l’endormissement ou des réveils nocturnes. Un « brouillard mental » (brain fog) et des difficultés de concentration durant la journée. Une fatigue intense qui augmente à son tour votre sensibilité au stress. Les symptômes physiques de l’anxiété sont aussi des signaux de protection Il est crucial de comprendre ceci : on peut ressentir des manifestations physiques d’anxiété sans se savoir « anxieux·se » dans sa tête. Le corps a son propre langage et il réagit parfois avant que l’information n’arrive à notre conscience. Surtout, ces signes ne sont pas des défauts. Ce ne sont pas des problèmes à « corriger » ou à « faire taire » à tout prix, mais des signaux de protection. Votre corps fait exactement ce pour quoi il a été programmé : il tente de vous garder en sécurité face à ce qu’il perçoit comme une menace. Au lieu de lutter contre ces sensations, je vous invite à vous poser cette question la prochaine fois que vous ressentez une tension : « De quoi mon système nerveux essaie-t-il de me protéger, là, maintenant ? » En accueillant ces sensations avec curiosité plutôt qu’avec jugement, vous faites le premier pas vers la régulation de votre système nerveux. Lorsque ces manifestations deviennent envahissantes, persistantes ou difficiles à traverser seule, un accompagnement en thérapie somatique peut aider à mieux comprendre les réponses de votre corps et à retrouver progressivement davantage de sécurité, de souplesse et de choix.

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