Femme allongée, le corps en tension et le regard évoquant le contrôle et l'hypervigilance

Besoin de tout contrôler : ce que votre corps essaie de protéger

Femme allongée, le corps en tension et le regard évoquant le contrôle et l'hypervigilance

Ce que le corps essaie de faire quand on “sur-contrôle”

On confond souvent l’hyper-contrôle (ou le fameux « control freak ») avec un trait de personnalité : rigidité, perfectionnisme, sens de l’organisation… Le problème avec cette lecture, c’est qu’elle ne dit rien de l’essentiel c’est-à-dire pourquoi ce besoin de contrôler est là.

Le besoin de contrôler n’est pas toujours une volonté de tout maîtriser : il peut être une manière, pour le corps et le système nerveux, d’anticiper ce qui pourrait arriver et de se sentir un peu moins vulnérable.

Autrement dit, le contrôle ou sur-contrôle peut être compris comme une conséquence de l’hypervigilance et une forme d’état d’alerte du système nerveux.

Contrôle et hypervigilance : qu’est-ce qui cherche à être protégé ?

Une cliente me disait récemment : “Je deviens dure avec mes enfants. Je me crispe sur des détails. Je n’arrive pas à lâcher.”  Son corps portait les signes de cette tension : mâchoire serrée, poings tendus, hypersensibilité au bruit… Elle s’en jugeait énormément et s’en voulait de ne pas être une « bonne mère ».

Derrière la rigidité, il y avait une anxiété ancienne. Et derrière l’anxiété, une colère — et un chagrin, la mort de sa mère, survenue à un moment charnière : la naissance de son deuxième enfant. Il y avait eu de la joie… et un deuil. Un nouveau départ… et une perte. 

Trop. Trop vite. En même temps. Donc il n’y avait pas le temps de digérer tout ça. Et surtout, il n’y avait aucune prise. Quelque chose s’est figé à cet endroit-là.

Quand le contrôle devient une stratégie de protection

Cette histoire est une histoire particulière mais le mécanisme, lui, est courant : le sur-contrôle apparaît souvent après un « trop ».

Ce n’est pas toujours un grand traumatisme identifiable. Parfois, c’est une période longue où il fallait gérer, encaisser, ne pas flancher — sans avoir vraiment le choix.

Le corps conserve la mémoire de ces périodes où il y a eu trop, trop vite, ou trop longtemps sans possibilité de choix… et cherche ensuite à prévenir de telles menaces. C’est un peu comme s’il disait : “Je contrôle parce que ne pas contrôler m’a déjà fait trop mal.”

Quand l’hypervigilance transforme l’organisation en rigidité

Alors il s’organise, anticipe, verrouille. Les horaires, les routines, les repas, la maison, le moindre détail : pas pour “être parfaite”… mais pour se sentir un peu moins vulnérable.

La nuance est fine entre être organisée et être rigide. L’organisation est structurante. La rigidité apparaît quand le système ne tolère plus l’imprévu : un changement de plan, une contrariété, un grain de sable.

Parce que pour lui, ce n’est pas un grain de sable : c’est un risque. Et c’est là que la crispation apparaît.

Pourquoi lâcher le contrôle ne marche pas face à l’hypervigilance

Dans ces cas, on s’entend dire qu’on devrait lâcher-prise. Mais décider de « lâcher-prise » ne marche pas parce que ce n’est pas une question de volonté. Etant donné que le sur-contrôle est souvent une stratégie de protection, si on la retire brutalement, le système entre en panique.

Alors, une piste pourrait être, non  pas d’ »arrêter de contrôler” mais d’observer ce qui se passe quand on relâche sur 2%. Sur un détail sans enjeu vital. Laver les cheveux de son enfant une fois au lieu de deux par semaine. Reporter l’aspirateur au lendemain. Accepter qu’un repas ne soit pas aussi sain que prévu.

Et remarquer ce qui se passe dans le corps quand on fait ces petits changements : est-ce qu’il y une sensation d’agacement, de crispation, de panique ? Est-ce que ça s’apaise après coup ?

C’est de cette manière que l’on peut faire doucement comprendre au système nerveux que tout va bien, même si tout n’est pas « comme il faut ».

Ce chemin s’inscrit bien entendu dans un apprentissage plus large, celui de la régulation du système nerveux.

 

 

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