Glimmers : ces petits moments qui aident votre système nerveux à retrouver de la sécurité

Femme observant par la fenêtre et souriant, évoquant un glisser

Se sentir émerveillé·e quelques secondes devant un coucher de soleil ; ressentir du réconfort en tenant une tasse chaude entre ses mains ; être touchée par l’odeur d’une fleur… Ces moments peuvent sembler anodins et pourtant ils comptent. Dans l’approche somatique, on les appelle des glimmers : des expériences au cours desquelles notre système nerveux perçoit spontanément un peu de sécurité, d’apaisement ou de connexion.

Qu’est-ce qu’un glimmer ?

Le terme glimmer a été introduit par la thérapeute Deb Dana dans son travail autour de la théorie polyvagale et du système nerveux autonome. Un glimmer est un micro-moment qui envoie à notre système nerveux un signal de sécurité.

Ce n’est pas nécessairement un moment spectaculaire (comme une grande joie) ou un état permanent (de bien-être continu par exemple). C’est davantage un moment simple :

  • remarquer la lumière d’un coucher de soleil ;
  • sentir le parfum d’une fleur pendant une marche ;
  • entendre le rire d’un enfant ;
  • tenir une tasse chaude entre ses mains ;
  • savourer un repas préparé avec attention ;
  • ressentir la chaleur d’un feu ;
  • partager un moment de connexion avec un proche ;
  • avoir cette pensée fugace : « Oh… là, je me sens bien. »

Et justement, ces instants sont faciles à manquer parce qu’ils sont petits. De ce fait, on ne les remarque parfois même pas.

Glimmers et triggers : deux directions différentes pour le système nerveux

Souvent, nous connaissons mieux les triggers : ces situations qui activent notre stress, notre peur ou notre sentiment de menace : un message qui nous inquiète, une remarque qui nous blesse, une situation qui rappelle une expérience difficile.

À l’inverse, les glimmers fonctionnent dans la direction opposée en signalant au corps : « Ici, maintenant, il y a peut-être quelque chose de sûr / d’agréable / de plaisant / de confortable.»

De plus, ils ont cette qualité d’être spontanés. En effet, ils ne sont pas forcés car ce n’est pas de la pensée positive. Il ne s’agit pas non plus de  se convaincre que tout va bien alors que ce n’est pas le cas. C’est simplement remarquer une expérience réelle de sécurité lorsqu’elle se présente.

 

Pourquoi les glimmers peuvent-ils aider à apaiser le système nerveux ?

Notre système nerveux est conçu pour repérer ce qui pourrait représenter un danger. C’est une fonction de protection essentielle. Ainsi, lorsque nous avons vécu beaucoup de stress, d’incertitude ou de débordement, cette capacité peut devenir particulièrement développée.

Le corps devient très efficace pour détecter :

  • ce qui pourrait mal tourner ;
  • ce qui demande une vigilance ;
  • ce qui n’est pas encore réglé.

Sans même nous en rendre compte, nous pouvons alors rester davantage tournés vers la menace en anticipant, ruminant, en cherchant les problèmes à résoudre et en nous préparant au prochain imprévu.

Dans ce contexte, les glimmers viennent donc doucement interrompre cette boucle. Ils ne demandent pas au corps de se détendre par la force. Ils lui offrent simplement une nouvelle information : « Il existe aussi des moments où je peux relâcher. »

Remarquer un glimmer, c’est déjà une pratique de régulation

Un point important : le glimmer ne réside pas seulement dans l’événement lui-même. Il tient également dans le fait de le remarquer.

Deux personnes peuvent voir le même coucher de soleil. L’une continue son chemin sans y prêter attention alors que l’autre s’arrête quelques secondes, respire, ressent la beauté du moment.

Le corps n’intègre pas seulement ce qui nous arrive. Il intègre aussi ce à quoi nous portons notre attention. Par conséquent, chaque fois que nous remarquons un moment de sécurité, nous permettons au système nerveux d’enregistrer cette expérience. Petit à petit, ces expériences s’additionnent et nous soutenons ainsi la régulation du système nerveux.

Comment intégrer les glimmers dans votre quotidien ?

Une manière simple de renforcer le sentiment de sécurité (et donc d’apaiser l’anxiété) est de prendre quelques minutes, par exemple le soir, pour se demander quels ont été mes glimmers aujourd’hui.

Il n’y a pas besoin de chercher quelque chose d’extraordinaire. Cela peut être un rayon de soleil sur votre visage ; une conversation agréable ; le plaisir d’un repas ; un moment de calme ; une sensation corporelle agréable.

Puis d’observer ce qui change dans son corps lorsque je repense à ce moment. Ma respiration évolue-t-elle ? Mes épaules se relâchent-elles un peu ? Est-ce qu’une sensation agréable apparaît, même légère ?

ll ne s’agit pas d’analyser. Vous n’avez pas non plus à chercher à provoquer une émotion particulière. L’idée est simplement de laisser cette expérience exister un peu plus longtemps.

La sécurité se reconstruit à travers de petites expériences répétées

Lorsque le système nerveux a longtemps été habitué à chercher le danger, retrouver de la sécurité demande souvent du temps. Ce n’est pas une question de volonté, ni une question de « penser autrement ». C’est surtout une expérience.

Les glimmers nous rappellent que la régulation ne consiste pas à rester calme en permanence. Elle consiste à développer davantage de flexibilité : pouvoir traverser l’activation, puis retrouver progressivement des espaces de sécurité.

Ces moments sont souvent discrets. Faciles à oublier. Mais c’est justement ainsi que le corps apprend. Dans la régularité et par petits « montants », à travers l’expérience vécue.