J’ai tout essayé pour tomber enceinte : le piège de trop en faire en parcours de fertilité — Partie 1

Geste d'autocontact, main posée sur le bas-ventre, évoquant la thématique de la fertilité

J’ai tout essayé pour tomber enceinte : le piège de trop en faire en parcours de fertilité — Partie 1 Malgré des températures encore estivales, nous voici bel et bien entrés dans l’automne, avec son énergie de ralentissement et d’épurement. Ces dernières semaines, un thème revient souvent dans mes échanges avec les femmes que j’accompagne : celui du tri, du besoin de s’alléger. Cet élan saisonnier, je le relie à la vision des cycles menstruels dans le féminin sacré. Celui-ci voit la phase prémenstruelle comme un automne intérieur amenant ralentissement et discernement. Un temps de « retour d’informations : ce qui nécessite votre attention, ce qui ne fonctionne pas, ce qui doit changer », écrivent Alexandra Pope et Sjanie Hugo Wurlitzer dans Magie du Cycle Féminin. Aussi, pour vous accompagner en ce début octobre, ai-je envie d’aborder la question de la charge mentale durant le parcours de fertilité et d’ouvrir avec vous une réflexion : comment (s’autoriser à) s’alléger ? Dans mes accompagnements dans les parcours de fertilité, je rencontre tant de femmes qui veulent bien faire et ne rien laisser au hasard : elles lisent tout ce qu’elles trouvent, consultent plusieurs praticiens, remettent en question l’ensemble de leur alimentation et de leur hygiène de vie, en parallèle de démarches médicales de PMA plus ou moins avancées. Ces efforts engendrent parfois une grande fatigue et un profond sentiment d’injustice qui s’exprime dans ce cri du cœur : « j’ai tout essayé ! » J’ai connu ces mêmes mouvements, je sais que le désir d’enfant peut prendre toute la place et que pour éviter le sentiment d’impuissance, on se sent poussée à agir frénétiquement. N’y a-t-il pas pourtant un risque, voire des effets contraires, à se laisser emporter dans ce vouloir trop bien faire ? Cette prudence m’est inspirée par deux raisons. La première est le risque d’éparpillement. Multiplier les actions pour améliorer sa fertilité n’est pas une garantie d’efficacité : elles finissent par venir en surcharge les unes des autres, parfois même en contradiction, sans qu’on s’en aperçoive. Il en résulte alors épuisement et frustration. La seconde raison relève de la posture qui sous-tend cette quête : celle de toujours faire (plus) pour être enceinte. Faire de la place plutôt que d’en faire toujours plus Quand on se sent portée par l’impulsion de tout faire pour que « ça marche », c’est la tête qui dirige. La tête veut trouver solution et remède à tout : c’est elle qui nous remplit de pensées inquiètes comme de bonnes résolutions, c’est elle qui nous pousse à l’action et nous fait chercher la bonne façon d’atteindre notre but… mais elle tend à vouloir tout placer “sous contrôle”. Or, cette façon linéaire de traiter les problèmes (objectif, stratégie, check-list) procède de et renforce une logique masculine. Elle dit beaucoup de notre volonté de maîtrise dans une sphère où nous n’avons que peu de prises. Mais plus que d’actes à accomplir et cases à cocher, l’enjeu d’une conception n’est-il pas plutôt de recevoir et d’accueillir ? La fertilité, incarnée par la capacité créatrice de la terre, relève davantage du domaine du féminin et de l’être. De notre capacité à nous détendre pour être présente à l’instant, à habiter notre corps, nos sensations, à ressentir du plaisir… Vide ou plein ? Le problème lorsque l’on veut “tout faire pour que ça marche” est que les contours de ce “tout” ne sont jamais définis une fois pour toutes ! Il y a toujours quelque chose en plus, de “mieux à faire peut-être ?”, croit-on, pour augmenter ses chances de conception. En l’absence de limites aux hypothèses et injonctions, on ne respecte plus le rythme et les limites de son corps, ce qui a beaucoup de chances de générer fatigue et sentiment d’échec. Plus fondamentalement encore, avez-vous déjà considéré la question de la fertilité sous l’angle du vide et du plein ? Notre corps a-t-il besoin de plein – de pensées, de charge mentale, d’actions…- ou de vide pour être en meilleure disposition pour concevoir ? De mon point de vue, il y a certainement un bienfait à se délester, à se “dé-charger”de tout ce qui n’est pas essentiel dans ce projet, en pensées, en croyances, en émotions, en énergies, et ainsi faire de l’espace pour une grossesse.  Au final, le propos n’est pas de cesser d’être active et volontaire dans son projet, et encore moins d’être fataliste et de se laisser aller, mais de questionner ce qui est vraiment essentiel dans nos actions : penser à la cohérence du tout, préserver son énergie, en ayant conscience que, dans le mystère d’une conception, il y a une part de laisser venir.  Laisser venir à soi ce qu’on désire si ardemment est un art pour lequel notre culture, qui survalorise l’action, nous a peu préparées, mais que nous pouvons cultiver en revenant dans notre féminin et dans notre capacité à être. Si faire de la place et accepter de ne pas tout maîtriser sont déjà des pas importants, une question reste en suspens, plus silencieuse encore : pourquoi, au fond, se sent-on poussée à toujours faire plus ? Dans la deuxième partie de cet article, j’explorerai la croyance intime qui se cache souvent derrière cet élan — et qui, une fois nommée peut créer un vrai changement. Si cet article vous a parlé et que vous avez envie d’en discuter, vous pouvez réserver un appel découverte avec moi.